[FILM] L’ ANTICIPATION ? On verra ça plus tard …. [Série NEXT] S02 E10

Clément Montfort fait un excellent travail de journalisme avec sa chaîne NEXT. D’habitude, il y décortique nos réactions face aux risques que l’Anthropocène nous amène, mais voilà sans doute son meilleur reportage à ce jour. Avec intelligence et sans dogmatisme, il pose la question de l’état de préparation de notre société dans son ensemble. Comme aucun dirigeant ne devrait prendre ses fonctions sans avoir un peu creusé le sujet, il nous offre donc l’occasion d’ouvrir les yeux.

Il ne le fait qu’avec le soutien des citoyens informés, or rien n’est gratuit… Regardons donc son travail avec attention, puis soutenons-le : https://fr.tipeee.com/next-web-serie

Comment l’homme fabrique ses propres pandémies

Les Echos (donc loin de la “propagande de presse militante”) nous informaient en novembre dernier sur l’importance de la biodiversité pour nous protéger des pandémies, entre autre comme tampon de dilution entre les espèces porteuses, mises en danger avec la sixième extinction, et nos élevages intensifs qui peuvent servir de sas et de tremplins pour la contamination de la ruche humaine mondiale.

Du coup cela pose la question du type de monde d’après la pandémie de COVID-19 que nous nous préparons, avec ou sans biodiversité ?

Et comme chacun d’entre nous, n’a qu’une action très limitée pour la rpéservation dela biodiversité, cela nous pose la question de notre préparation en tant qu’organisations (entreprises, collectivités locales et même familles).

Météo-France fait des prévisions météorologiques

Et quoi de plus normal pour une institution n’existant que pour modéliser le temps qu’il va faire ? Là où ça décoiffe, c’est lorsque les modèles climatiques du GIEC sont intégrés dans les prévisions et que les trois hypothèses principales sont entrées dans les modèles météorologiques :  

  • RCP 2.6, avec une baisse rapide des émissions de gaz à effet de serre pour atteindre la neutralité carbone en 2070 aboutissant à une hausse de +1°C par rapport à aujourd’hui (le plus optimiste et comptant le plus sur une réaction de l’humanité qui n’a pas encore été constatée au niveau international).
  • RCP 4.5, avec des émissions en hausse jusqu’en 2050 avant de décroître, amenant une hausse de +2?2°C (celui où il est espéré que les choses vont finalement être prise en compte un jour).
  • RCP 8.5, avec une augmentation continue jusqu’à la fin du siècle, ce qui nous amènerait à une hausse de +3,9°C (pour le moment le scénario actuel du “business as usual”).

Le résultat est sur le site de Météo-France.

De grandes vagues de chaleurs, des nuits tropicales, des précipitations (+40% de pluie en plus) ou des sécheresses , la fin de la neige abondante dans le sud des alpes… etc.

Comment votre organisation sera-t-elle affectées directement ou indirectement ? Vous êtes vous posé la question, je veux dire vraiment avec des chiffres et des simulations ?

Petit tour du propriétaire de ce bien que nous avons tous en commun : notre futur

Cyrus Farhangi fait le bilan de la situation et propose deux définitions de la résilience, qui sonnent terriblement comme la Résilience et l’Adaptation telles que définies ici-même, et dresse les nouveaux besoins auxquelles les organisations font face si elles veulent bien ne pas se voiler la face. Juste une partie de l’offre de service que Résilience et Adaptation propose.

Dérèglement climatique rime aussi avec évènements dramatiques

On imagine souvent les conséquences du réchauffement climatique comme une hausse constante des températures. Or si les canicules estivales commencent à devenir une réalité (et à rentrer dans les mœurs comme une réalité encore acceptable pour la grande majorité de la population déconnectée de la réalité physique du monde), c’est oublier la hausse en nombre et en intensité des évènements météorologiques qui vont accompagner cette hausse.

Plus de chaleur dans l’atmosphère, c’est plus d’énergie accumulée et plus d’eau évaporée… et il a toujours un moment où l’énergie potentielle doit se dissiper. Le plus d’énergie libérée, le plus de manifestations violentes de cette libération. La tempête Alex vient de nous le rappeler une nouvelle fois.

Vous êtes en charge d’un patrimoine immobilier, vous gérez des travaux à l’extérieur ou concevez des infrastructures qui seront de plus en plus soumis à des aléas climatiques extrêmes. Avez-vous étudié les nouveaux risques qui arrivent jusqu’à ce qu’ils ne soient plus un risque mais notre réalité avérée ?

Evolution des forêts françaises

Novethic nous informe des effets des changements climatiques sur les forêts françaises que vous voyez investisseur forestier, acteur de la filière bois ou tout simplement habitant d’une zone boisée, il va bien tôt falloir réfléchir à ce que vous allez faire de ces surfaces qui n’attendent plus que les méga-feux en France, après l’Australie, la Californie, l’Amazonie, la Sibérie, il serait étonnant que toute cette masse combustible échappe toujours à son destin thermodynamique.

L’Office National des Forêts (ONF) tente de proposer des réponses mais c’est compliqué lorsque la préservation des forêts devient, pour l’agence, moins importante que les questions de rentabilité

Ce qui autrefois était une bonne affaire de long terme, entre autre pour les droits de succession, risque bien de devenir un placement pouvant littéralement disparaitre en fumée.

Alors que faire ? Se retirer du secteur ? Protéger son patrimoine en travaillant sur l’évolution des essences ? Faire des choix en fonction des différents scénarios du GIEC ? Pour une fois que le long-terme correspond au terme d’un secteur d’activité, il y aurait là de quoi faire un lobbyisme pro-climat, histoire d’éviter le pire… mais déjà il serait bon de faire un bilan de ces risques dans son portefeuille d’investissements.

La fin de l’âge d’or du pétrole (de schiste) ?

Après la sortie du Dow-Jones de Exxon-Mobil, LA société pétrolière par excellence, la multinationale issue de la Standard Oil, la société qui fit de John Davison Rockefeller, l’homme le plus puissant du monde, voilà Schlumberger qui se retire des activités d’exploitation du pétrole de schiste… Décidément il se passe quelque chose dans le monde de l’Or Noir.

Selon le Schift Project, l’avenir du pétrole est en effet plus que compromis, d’abord par une réalité géologique (la quantité de pétrole sur Terre est finie), ensuite par une réalité technologique (notre capacité à aller chercher le pétrole est limitée par les possibilités techniques et les lois de la physique et même si nous faisons des prouesses tous les jours, il y a un moment où il devient stupide de dépenser plus d’énergie qu’il y en a à récupérer si en même temps la qualité et la quantité du pétrole récupéré ne cesse de dégringoler), enfin par une réalité économique (car il faut bien que quelqu’un paye et donc que l’activité économique soit un minimum rentable, sinon elle doit être subventionnée à perte, mais qui assumera cela en plein réchauffement climatique ? Quoique pour certains, c’est déjà le cas et depuis longtemps grâce à la dette mondiale…).

Les projections du Shift Project, basées sur les données issues de l’agence d’intelligence économique norvégienne spécialisée Rystad Energy.

Enfin bref… ça tousse dans le monde du pétrole et on dirait bien que les avertissements de Patrick Pouyanné, le patron de TOTAL, en 2017 ne soient en train de se réaliser…

Le grand débutant sur ces questions vous dira qu’il n’y a pas de problème puisqu’il n’y a qu’à augmenter les prix pour rentabiliser l’affaire. Malheureusement les réalités économiques sont un peu plus complexes que les vœux pieux et le prix d’une denrée vitale n’est pas élastique : vous ne pouvez pas augmenter à l’infini le prix d’une denrée dont votre client a besoin pour survivre, car si votre client ne peut plus se la payer, il meurt… et vous crevez ensuite avec vos stocks d’une valeur infinie sur les bras.

C’est toute l’histoire de la crise de 2008, où un pétrole à 145$ le baril empêcha les classes pauvres américaines de payer leurs emprunts, ce qui déclencha l’effondrement en cascade des montages hasardeux des subprimes. A ce propos, je vous conseille vivement le film “The Big Short”, qui explique parfaitement tout cette période (à part son événement initiateur et pourquoi tout le monde arrêta de payer en même temps). Tout ceci obligea en retour les pays exportateurs de pétrole de baisser leur prix et à vendre à vil prix. Nous en sommes là.

On pourrait à ce point parler de transition énergétique, mais comme le démontre Jean-Baptiste Fressoz dans Collapsus, la transition énergétique est un mythe marketing : concrètement, il n’existe qu’un empilement et une synergisation des énergies. Rien ne viendra remplacer le pétrole dans l’immédiat. Tout d’abord parce que la densité énergétique du pétrole est irremplaçable ensuite parce que les quantités à remplacer sont colossales…

Nous pouvons donc ignorer la réalité, mais la réalité, elle, ne nous ignorera pas… alors n’est-il pas urgent de réfléchir à la résilience et à l’adaptation de nos structures ?